La maison que la mer regardait.

Cette maison de famille avait tout ce qu'on ne peut pas acheter : un jardin ancien, la mer au loin, des murs qui ont du vécu. Ce qu'elle n'avait plus, c'était une cohérence entre ce tout et la façon dont ses occupants vivent aujourd'hui. La rénovation que nous avons faîte n'a pas cherché à effacer le passé mais à le remettre en conversation avec le présent.

Située sur la Côte de granit rose, ses couleurs se sont imposées comme palette. Le bleu nuit de la Manche, le vert sombre des pins, la lumière bretonne changeante qui vire au beige rosé certains soirs. Travailler ici, c'était dialoguer avec son paysage, faire entrer l’extérieur à l’intérieur.

La particularité d’une maison de famille est qu’elle porte les couches du temps.
Les photos de l’avant raconte tout : le papier peint damassé sombre de l’entrée qui écrasait les volumes, les sanitaires orange brûlé, les chambres fleuries... La lumière était là, les fenêtres aussi, pourtant la maison ne respirait plus.

Dans les maisons traversées par plusieurs générations , il y a toujours des objets qui précèdent le projet. Ils ont leur histoire, leur place dans la mémoire familiale et il serait absurde de les effacer et que le projet final manque de caractère.

La question n'était pas de les remplacer mais de trouver comment les faire exister autrement. L’ensemble des pièces a été construit avec des éléments chinés : miroirs, assises, commode etc.

Aujourd’hui l’entrée cathédrale et les salles de bains avec ses tons sable et calcaire, captent la lumière naturelle et la restituent de façon diffuse et enveloppante. Ici, on se réveille dans quelque chose qui ressemble aux matins d’été en Bretagne et joue les dialogues entre intérieur et extérieur même par temps couvert.