Un souvenir beyrouthin

Il y a des espaces qu'on traverse une fois et qui restent. Des endroits qui font quelque chose au cœur avant même qu'on comprenne pourquoi. La maison rose du littoral beyrouthin était de ceux-là, abandonnée, silencieuse, traversée par une lumière qui semblait venir de partout et de nulle part.

C'est ce souvenir que son propriétaire m’avait demandé de traduire. Non pas de reproduire, mais retrouver ce qu'il avait ressenti. Une douceur calfeutrée, un sentiment de bien-être et de vouloir rester là.

Ce studio de 15m2 perché dans le quartier Jourdain du 19ème arrondissement avait déjà quelques atouts : une mezzanine, une belle hauteur sous plafond, un puits de lumière encore non exploité. Sa structure avait du caractère mais n’était pas pensé comme un tout. Un espace sans identité.

Alors on a cassé, pour ouvrir, pour donner l’impression de grandeur et pour faire respirer cette petite surface. Le puits de lumière qui était caché par l’ancien chauffe-eau, se trouve désormais dans l’alignement parfait de la douche à l’italienne. La pièce respire vers le haut. Le béton ciré, laiteux, capte la lumière zénithale différemment à chaque heure du jour, une qualité qu'aucune lumière artificielle n'aurait pu donner.

Quant à la mezzanine en pin, nous l’avons refermée par des claustras en terre cuite terracotta qui laissent passer la lumière tout en créant de l'intimité.

La salle de bain et la cuisine ont été pensées ensemble. Tout a été dessiné sur-mesure, douche, vasque, rangement, évier, le béton ciré est le matériau principal. La robinetterie cuivre patiné se retrouve également dans tout le studio.

Chaque décision pointait vers la même chose : retrouver la douceur calfeutrée de la maison rose, non par mimétisme, mais par résonance. Roses poussiéreux, bruns café, cuivre patiné. Une seule famille de couleurs sur tous les supports.

(SHOOTING PROCHAINEMENT)